Le Maroc, pays de longue tradition minière, connaît une activité importante dans ce domaine. Cette vocation minière est favorisée par la présence d’une structure géologique très variée et particulièrement
réputée pour la concentration de nombreuses substances minérales.
La diversité et la valeur des substances minérales exploitées (phosphates,
métaux de base, métaux précieux, roches et minéraux industriels)
ont permis au secteur minier marocain de jouer un rôle important dans l’économie nationale. Cette importance est perceptible à travers sa contribution dans la formation du Produit Intérieur Brut, dans les exportations du pays et ses retombées bénéfiques sur le développement régional et rural, matérialisées par le nombre d’emplois directs et sa participation au désenclavement des régions déshéritées, par la construction d’infrastructures économiques et socio-éducatives. A cela, il faut ajouter ses effets d’entraînement au niveau des secteurs de transport et des ports.
Outre le phosphate pour lequel le Maroc dispose d’une grande part des réserves mondiales et est le premier exportateur mondial de phosphate et dérivés avec une part de 30,7%, le sous sol national
renferme une gamme variée de substances minérales comprenant
des métaux de base (Cu, Pb, Zn,...), des métaux précieux (or,
argent), des substances utiles (fluorine, barytine) et d’autres produits
(manganèse, fer, cobalt, etc.).
Depuis 2003, le marché mondial des matières premières minérales a été caractérisé par une tendance à la hausse des cours.
Les cours des métaux ont ainsi évolué positivement durant 2003-2006 pour atteindre des records jamais enregistrés depuis 20 ans, imputables à la vigueur de la demande industrielle mondiale et celle de la Chine en particulier. Cette envolée des cours a permis une redynamisation de l’exploration
minière dont les dépenses ont atteint, selon le Groupe Canadien
MEG (Metals Economics Group) 5,1 milliards de dollars, en hausse de 34% par rapport à 2004 et 168% par rapport à 2002, et ce pour consolider les réserves, accroître la production et répondre ainsi à une demande croissante du marché.


Plan national de cartographie géologique (PNCG) :
La richesse et la complexité de la géologie du Maroc, ainsi que les potentialités en différentes ressources minérales qu’offre le sous-sol national, ont conduit les pouvoirs publics à mettre en place le Plan National de Cartographie Géologique (PNCG) qui vise à doter le pays d’une infrastructure géologique appropriée, outil essentiel au développement
de la recherche minière et pétrolière, à l’évaluation des ressources en eau, à l’aménagement du territoire, à la protection de l’environnement, ainsi qu’à la prévention des risques naturels. Depuis 1996, date du lancement du PNCG, le bilan de la cartographie géologique, géophysique et géochimique se présente comme suit :
• Couverture géologique : 74 cartes achevées et 60 en cours.
• Couverture géophysique : 136 cartes achevées et 262 en cours.
•Couverture géochimique : 11 cartes achevées et 9 en cours. Ainsi, le nombre de cartes réalisées à fin 2005 s’élève à 221 et le taux de couverture à :
• 31% en cartes géologiques, contre 27% en 2002.
• 18,5% en cartes géophysiques, contre 15% en 2002.
• 8,3% en cartes géochimiques, contre 6% en 2002.
En appui à ce plan, le projet GEOFORMA visant à développer les capacités
de notre pays en matière de cartographie géoscientifique et en matière de système d’information géologique (SIG) a été réalisé. Ce projet a été financé par le programme MEDA pour un montant de 5 millions d’euros.
Pour l’année 2006, l’activité géologique a été marquée par :
• L’achèvement des travaux du projet GEOFORMA et présentation des résultats. • L’achèvement des travaux de couverture géophysique aéroportée dans les bassins sédimentaires de Laâyoune-Dakhla (192 cartes au 1/50.000).
• La poursuite des travaux relatifs à la couverture géophysique aéroportée
dans la région orientale (70 cartes au 1/50.000) et la réalisation
de 17 cartes géologiques et 9 cartes géochimiques.
Patrimoine géologique
Pour la sauvegarde et la mise en valeur du riche patrimoine géologique national, plusieurs actions ont été entreprises dont notamment :
• La réalisation d’une étude relative à la mise en place d’un cadre juridique pour la sauvegarde du patrimoine géologique
national.
• La réalisation de plusieurs actions de coopération avec des organismes spécialisés dans le domaine de la recherche
scientifique en matière de protection et de mise en valeur
du patrimoine géologique ayant abouti notamment à la découverte dans la région de Ouarzazate du plus ancien dinosaure connu de par le monde.
D’autres actions sont en cours d’étude. Il s’agit de la mise en place de parcs muséologiques à Jerada et à Azrou.
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Patrimoine minier
A fin 2005, le nombre de titres miniers en vigueur a atteint 3242 contre 2941 en 2004 soit une hausse de 10,23%.

Recherche et Exploration minière
En matière de recherches et d’exploration minière, l’ONHYM a réalisé
un investissement global de 300 millions de DH pour la période 2002-2005, entièrement supporté par le budget de l’Etat. Ces investissements
ont concerné :
• Les métaux de base, pour lesquels les travaux réalisés ont permis de découvrir les gites polymétalliques de Khwadra et Koudiat Aïcha dans les jbilets (région de Marrakech) et le gîte d’étain d’ Achemmach
(Province d’El Hajeb),
• Les métaux précieux, pour lesquels les travaux de recherche ont abouti à la mise en évidence de plusieurs indices aurifères notamment
les gîtes aurifères de Tizegouine et de moumjoud (provinces de Tiznit et de Tata), le gîte d’or de Tafrent (province de Ouarzazate)
et les indices aurifères de la boutonnière du Bas Draa (province Guelmim) et d’Awserd (Provinces du Sud),
• Les autres substances, pour lesquelles les travaux ont concerné le développement des gisements de bentonite d’Afrah et de Tizza (province de nador) et le gisement de Kaolin et de micas (province de Khemisset).
Parallèlement, des conventions de partenariat ont été conclues avec des organismes et sociétés étrangères, notemment OUTOKUMPO (Finlande), JOGMEC/JICA (Japon), TOLSA (Espagne), CAOLINO PANCIERA (Italie), METALEX et ODYSSEY (Canada) et KASBAH RESSOURCES (Australie) et ce, en vue de développer les indices minéralisés
déjà mis en évidence. Projets de developpement minier La période 2003-2005 a été caractérisée par la réalisation des projets
suivants :
Les phosphates :
Au niveau de la production minière, les projets réalisés ont totalisé 1 491,25 MDH répartis entre :
• Le site de Khouribga (560 MDH) pour le revamping de la laverie Daoui (300 MDH) et la substitution du fuel par le coke de pétrole (260 MDH).
• Le site de Youssoufia (589,4MDH) pour la réalisation de deux unités
’une station de déchargement des trains (78 MDH) et le remplacement du système de dépoussiérage (11,4 MDH). • Le site de Boucraâ (341,85 MDH) pour la réalisation d’une trémie de criblage (239,2 MDH), d’une station de pompage de l’eau de mer (57,65 MDH) et l’installation de 2 unités de dessalement de l’eau de mer (45 MDH).
Concernant la valorisation minière, les projets réalisés ont totalisé 2.173 MDH et ont concerné :
- La plate forme de Safi (599 MDH) pour le revamping des unités d’engrais (200 MDH), la réduction des émissions de gaz (59 MDH), la fabrication d’acide de qualité spéciale (160 MDH) et l’augmentation de la capacité de production d’acide phosphorique (180 MDH).
- La plate forme de Jorf Lasfar (1.547 MDH) pour la réalisation d’une nouvelle unité de production d’engrais (889 MDH), l’augmentation de capacité de production d’acide phosphorique (268 MDH) et le revamping des unités de production de DAP (390 MDH).
D’autres projets ont été lancés et dont l’entrée en production est prévue en 2007. Il s’agit de - la construction d’une nouvelle usine d’acide phosphorique à Jorf Lasfar en partenariat avec le groupe pakistanais FAUJI, avec un investissement de 2 030 MDH. Cette usine est d’une capacité de 375.000 T de P2O5.
- la construction d’une nouvelle unité de production d’acide sulfurique
à double absorption avec intégration du système HRS à Safi, moyennant un investissement de 600 MDH.
Métaux de base :
Les projets réalisés ont concerné la mise en valeur du gisement polymétallique
de Draâ Sfar (640 MDH) et le nouveau centre d’exploitation «Sidi Ahmed» à Tighza (55 MDH).
Pour les produits miniers transformés, les projets réalisés ont concerné
la mise en production de l’oxyde de zinc (200 MDH) et des dérivés de Cobalt.
Métaux précieux :
Le gîte aurifère de Tamlalet (province de Figuig) dont les réserves mises en évidence s’élèvent à 1 million de tonnes à 3,76 g/t d’or fera l’objet d’une cession par appel d’offres en 2006.
Autres substances :
Il importe de noter l’entrée en production du gisement du Mica dans la province de Taroudant (24,5 MDH). Il y a lieu de signaler également que l’ONHYM a procédé à la cession de deux prospects miniers
; il s’agit des sables siliceux de Dar Chaoui (provinces de Tanger et
Tétouan) et de la bentonite de Trébia (province de Nador).
Développement de la petite mine
Conscient de l’apport socio-économique de la petite mine qui représente,
hors phosphates, 39% de la production minière nationale et 18% de la valeur totale des produits miniers, et en vue de faire émerger cette catégorie de mines dans le paysage minier national, le Ministère de l’Energie et des Mines a inscrit dans le cadre de sa stratégie de développement du secteur minier, la mise en place d’un programme de développement de la petite mine, dont les principales
composantes sont :
- L’assistance technique et la formation au profit du personnel des petites exploitations minières.
- La mise en place de modalités de financement appropriées.
Il est à signaler que le projet de loi sur les mines prévoit des dispositions
spécifiques pour réglementer l’activité minière à petite échelle. Dans le cadre de la mise en place du programme de développement de la petite mine, une étude a été réalisée en 2005 et a permis de dégager une vision claire sur les mécanismes d’intervention pour le développement de cette catégorie d’exploitation minière. Une autre étude est en cours pour l’identification et l’évaluation des besoins, en formation et en assistance technique, pour cette catégorie de mines.
Ce plan portera notamment sur des actions d’ordre légal, financier, commercial, technique et social.
Parallèlement, des démarches ont été initiées avec certaines institutions
financières en vue de négocier les modalités de financements appropriées. Recherche et exploration pétrolières
L’activité de la recherche des hydrocarbures a été marquée par l’adoption d’un nouveau code des hydrocarbures incitatif et par la création de l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (fusion de l’ONAREP et du BRPM).
Parallèlement, le domaine de la recherche des hydrocarbures a connu une nouvelle dynamique par l’utilisation de nouvelles techniques
de prospection, notamment les acquisitions sismiques 3D, les forages horizontaux et multidirectionnels, ainsi que les études d’évaluation des bassins tels que la zone atlantique off-shore Tanger
- Tarfaya et les zones onshore du Gharb et de Haha Essaouira. les actions réalisées ont porté sur 11 forages dont 3 en offshore,
l’acquisistion de 21 981 km de sismiques 2D et l’acquisition pour la première fois au Maroc de 2121 km2 de sismiques 3D. L’investissement
total correspondant est de 1800 MDH, dont 190 MDH financés par le budget de l’Etat.
De ce fait, un regain d’intérêt a été enregistré de la part des compagnies
pétrolières. En 2002, le domaine de la recherche des hydrocarbures
ne comptait que 47 permis de recherche totalisant
66 533 km2 en offshore et 13 628 km2 en onshore. Actuellement, 21 sociétés opèrent sur :
• 86 permis de recherche totalisant 126 739 km2 en offshore et 20 632 km2 en onshore.
• 6 contrats de reconnaissance totalisant 89.996 km2 en onshore.
Cependant, il y a lieu de noter que le territoire national reste encore sous-exploré comparativement à d’autres pays. Promotion minière et pétrolière
Les actions réalisées en vue de drainer des investissements nationaux
et étrangers portent sur :
• La capitalisation de l’ensemble des données disponibles sur le secteur énergétique et minier et leur mise à la disposition des opérateurs
miniers nationaux et étrangers.
• La participation conjointe de l’Administration, des entreprises publiques
et des Fédérations des mines et de l’énergie à des forums spécialisés et l’organisation des rencontres professionnelles périodiques
(PDAC au Canada), INDABA en Afrique du Sud et GEIPb/Zn).
• Le développement de partenariats dynamiques régionaux et internationaux. En matière de promotion pétrolière, les actions menées, conjuguées à la qualité des études réalisées, au potentiel prometteur des bassins et aux avantages fiscaux qu’accorde le code des hydrocarbures, ont abouti à la conclusion de plusieurs accords avec des sociétés pétrolières
en vue d’entreprendre les travaux d’exploration dans ces bassins. Activités à l’international Outre les actions partenariales engagées par l’OCP et qui constituent la clé de réussite de notre politique phosphatière, la Société MANAGEM, filiale du Groupe ONA a développé des actions d’ouverture à l’international
par la réalisation de projets miniers aurifères dans certains pays africains tels que le Niger, le Burkina Faso, la Guinée et le Gabon.
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