M. Amara : "La stratégie de transition énergétique du Maroc concilie développement économique et lutte contre le changement climatique"

La stratégie de transition énergétique adoptée par le Maroc sous l'impulsion de S.M. le Roi Mohammed VI, concilie développement économique et lutte contre le changement climatique, a souligné samedi 5 décembre à Paris le ministre de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement, Abdelkader Amara.

Intervenant lors d'une rencontre organisée au pavillon marocain à la Conférence des Nations unies sur le climat (COP21), sous le thème «Le Maroc, un pays modèle par sa transition énergétique en faveur du climat», Abdelkader Amara a relevé que cette transition a pris un tournant historique grâce à la remarquable accélération donnée par le Souverain en annonçant, à l'ouverture de la COP21, la volonté du Royaume de porter la part des énergies renouvelables de 42% de puissance installée, objectif fixé pour 2020, à 52% à l'horizon 2030.

L'investissement global dans le secteur énergétique entre 2016 et 2030 devrait atteindre une quarantaine de milliards de dollars, dont une trentaine de milliards pour les projets de production d'électricité de sources renouvelables, ce qui représentera des opportunités d'investissements importants pour le secteur privé et permettra, outre la réduction de 32% des émissions de gaz à effet de serre (GES) à l'horizon 2030, une baisse importante de la dépendance énergétique du Maroc, a-t-il ajouté.

La stratégie nationale dans ce domaine repose sur des actions concrètes basées sur le développement des énergies renouvelables, le renforcement de l'efficacité énergétique et l'utilisation à grande échelle du gaz naturel, des actions qui, en plus de leurs effets bénéfiques sur l'environnement, permettront aussi de répondre à la demande croissante en énergie (+5% pour l'énergie primaire et plus de 6% pour l'électricité), a indiqué le ministre.

Pour atteindre ces objectifs, le Maroc aura à développer certainement, entre 2016 et 2030, une capacité additionnelle de production d'électricité de sources renouvelables d'environ 10.100 MW dont 4.560 MW solaire, 4.200 MW éolienne, et 1.330 MW hydro-électrique, a précisé Abdelkader Amara.

«Selon ce schéma vraisemblable, en 2030, la part de l'éolien et celle du solaire seront probablement portées à 20% chacune et celle de l'hydroélectrique sera au moins de 12%», ce qui permettra à terme d'éviter l'émission de 13 millions de tonnes de CO2 par an, a-t-il ajouté.

Le ministre a aussi passé en revue les grands projets lancés au Maroc pour le développement de l'énergie solaire, de l'éolien et l'hydroélectrique, qui «enregistrent un intérêt grandissant de la part des investisseurs nationaux et internationaux».

De son côté, directeur général de l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE), Ali Fassi Fihri, a noté que le Maroc est l'un des pays les plus attractifs pour les investisseurs dans le secteur énergétique, plus particulièrement la production d'électricité, compte tenu de la richesse de ses ressources renouvelables et de son positionnement stratégique.

Le Maroc dispose d'une feuille de route claire et ambitieuse pour le développement des énergies renouvelables et jouit d'une expérience importante dans ce domaine qui lui permettra de faire face aux défis du futur, a-t-il souligné.

Ali Fassi Fihri a aussi mis en exergue les grandes réalisations dans le secteur de l'électricité accomplies sous l'impulsion de S.M. le Roi Mohammed VI, notamment en matière d'électrification, relevant que pratiquement 100% de la population urbaine et 99,1% de la population rurale ont accès à l'électricité.

Cette rencontre, qui s'est déroulée en présence de responsables gouvernementaux, de diplomates et d'acteurs institutionnels et privés marocains et étrangers, a été marquée par des témoignages de professionnels et investisseurs actifs dans le développement des énergies renouvelables au Maroc. Ils ont notamment salué les efforts considérables du Maroc en matière de lutte contre les changements climatiques, à travers la montée en puissance des énergies renouvelables dans le mix énergétique national et le renforcement de l'efficacité énergétique.

Source : Le matin