M. Amara met en avant à Toronto les grandes réformes et les perspectives prometteuses du développement du secteur minier au Maroc

Le ministre de l'Energie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement, Abdelkader Amara a mis en avant, samedi à Toronto, les réformes d'envergure et les perspectives prometteuses du développement du secteur minier au Maroc, qui a toujours constitué une composante essentielle de l'économie nationale.

Intervenant lors d'une conférence sur le secteur minier marocain, organisée le 28 février, en marge de «Prospectors & Developers Association of Canada (PDAC) 2015», un des plus grands meetings internationaux sur les mines, Abdelkader Amara a souligné que l'importance de ce secteur vital pour l'économie du Royaume s'explique par l'existence d'un contexte géologique favorable qui a permis de développer l'activité minière dans de nombreuses régions du pays.

Lors de cette conférence, initiée par le ministère de l'Energie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement, en partenariat avec la Fédération de l'industrie minérale (FDIM), Abdelkader Amara a affirmé, devant un large parterre de représentants d'une soixantaine de sociétés et d'investisseurs étrangers et canadiens, que cette importance se traduit par la contribution du secteur minier au PIB à hauteur de 10 pc, sa part dans les exportations nationales qui est de plus de 22% et ses retombées bénéfiques pour le développement régional et rural.

Il a, aussi, indiqué que le Maroc, qui possède d'importantes réserves de phosphates et dispose d'une industrie phosphatière développée lui conférant les rangs de premier exportateur et de 3e producteur au niveau mondial, occupe également une place de choix au niveau mondial et africain pour un certain nombre de substances minérales telles que le zinc, le plomb, la barytine, la fluorine, le cobalt et l'argent.

Cependant, a-t-il relevé, le secteur minier hors phosphates demeure confronté à plusieurs défis, notamment la nécessité de découvrir de nouveaux gisements miniers, d'optimiser la valorisation des substances minérales exploitées et d'assurer son développement durable, ajoutant que le Maroc dispose actuellement d'une stratégie nationale de développement du secteur minier.

Dans ce cadre, Abdelkader Amara a souligné que pour la Vision 2025, la stratégie de développement du secteur minier hors phosphates repose sur des objectifs ambitieux : triplement du chiffre d'affaires du secteur à plus de 1,6 milliard de dollars US, multiplication par 10 du volume d'investissements dans l'exploration et la recherche minière à près de 415 millions de dollars US et doublement des emplois générés par le secteur à plus de 30.000 emplois directs.

Et Abdelkader Amara d'indiquer que pour rendre le secteur minier «plus attractif», plusieurs chantiers sont ouverts, notamment la modernisation de la réglementation minière, à travers l'adoption par la Chambre des représentants du projet de loi n° 33-13 relatif aux mines, qui vise la modernisation de la législation actuelle et son adaptation aux évolutions qu'a connues le secteur minier au niveau mondial afin d'améliorer son apport à l'économie nationale, à travers le développement de l'exploration et de la recherche minière pour découvrir de nouveaux gisements, tout en assurant un développement durable de l'industrie minière et une attractivité des investissements nationaux et étrangers.

Parmi les autres chantiers, il y a aussi l'augmentation de la cadence de la cartographie géologique, a dit Abdelkader Amara, qui a noté que son ministère s'est doté d'un nouvel organigramme qui se caractérise par le renforcement du Service géologique national à travers lequel le Maroc aspire à consolider le secteur minier et celui de l'exploration pétrolière et gazière et à disposer d'une structure performante pour accompagner la nouvelle vision de développement du secteur minier, le but étant de se doter d'une cartographie géologique pour la connaissance des potentialités minières du Maroc et la mise à la disposition des investisseurs d'une infrastructure géologique appropriée et fiable pour l'ensemble du territoire national.

Un autre chantier et non des moindres concerne la restructuration de l'activité minière artisanale, a déclaré le ministre, relevant qu'elle portera sur la refonte du texte de loi de 1960 portant création de la région minière de Tafilalet et de Figuig, tout en levant les restrictions pour l'accès des investisseurs privés et en sauvegardant les droits des artisans mineurs.

Outre ces chantiers, le ministère œuvre à la mise en place de mesures incitant à l'investissement dans la recherche minière, à la professionnalisation de la promotion minière et au développement de l'offre de formation dans les métiers de la géologie et des mines, a-t-il poursuivi.

Pour l'implémentation de cette stratégie, tous les efforts seront intensifiés pour traduire l'ensemble de ces axes et piliers stratégiques en des projets et actions concrets à même de donner un nouvel élan au secteur minier hors phosphates dans le Royaume, a conclu Abdelkader Amara.

Par la suite, l'assistance a suivi des présentations faites par les membres de la délégation marocaine portant notamment sur la cartographie géologique du Maroc, la nouvelle loi 33-13 relative aux mines, les rôles joués par l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), la Fédération de l'industrie minérale (FDIM) et le groupe «Managem» dans le développement du secteur minier national, durant lesquelles l'accent a été mis sur les opportunités d'investissements offertes par le Royaume dans ce secteur vital, à même d'ouvrir la voie au développement de nouveaux partenariats fructueux entre le Canada et le Maroc dans ce domaine.

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