Abdelkader Amara souligne l'importance de l'infrastructure géologique

La connaissance de la géologie d'un pays passe par une infrastructure géologique développée, notamment, sous forme de cartes géologiques, géophysiques, géochimiques et de cartes thématiques au niveau national et régional, d'où l'importance de l'infrastructure géologique tant sur les plans scientifique, qu'économique ou technologique, a affirmé, mardi 12 mai à Rabat, le ministre de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement, Abdelkader Amara.

Intervenant à l'ouverture de la journée de lancement de la feuille de route nationale pour le développement de la cartographie géologique et géothématique 2015-2025, M. Amara a indiqué que "l'infrastructure géologique est nécessaire pour la construction des ouvrages d'art, notamment les routes, les ponts, les tunnels et les barrages et pour l'aménagement du territoire car aucune construction ne peut se faire sans une étude préalable du sol. Elle permet, en outre, la prévention des risques et des catastrophes naturelles (...) et permet aussi la recherche et l'exploitation de l'eau, source vitale pour la population, la faune et la flore".

Conscient du rôle clé de la cartographie géoscientifique en matière de développement des infrastructures, le ministère de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement a inscrit parmi ses objectifs prioritaires la redynamisation du service géologique au niveau du Maroc à travers la réintégration de la direction de la géologie au sein du ministère et la mise en place d'une feuille de route nationale pour le développement de l'infrastructure géologique, a relevé le ministre.

Cette feuille de route, a-t-il précisé, a été conçue sur la base d'un diagnostic rigoureux de l’état des lieux, portant, essentiellement sur les travaux réalisés et les ressources humaines et matérielles disponibles, ce qui a permis de fixer des objectifs ciblés et réalisables.

Elle se décline en plans d'actions opérationnels et en objectifs clairs et précis, tenant compte des attentes et des orientations prioritaires de différents chantiers structurants ouverts à travers le Royaume, aussi bien dans le domaine de la recherche minière et des hydrocarbures, que dans les autres domaines tels que la recherche des ressources en eau, l'aménagement du territoire, et la construction des barrages, de routes et de plateformes industrielles, a-t-il dit.

S'agissant du secteur minier, dont la dynamisation s'inscrit dans le cadre du programme gouvernemental, le ministre a fait savoir que cette feuille de route cible en priorité les zones prometteuses à potentialités minières et ayant une faible infrastructure géologique et géothématique, à savoir la zone minière de Tafilalet et de Figuig "Zone CADETAF", la Meseta Orientale, le Massif du Maroc Central, ainsi que le zones des Mauritanides dans les Provinces du Sud.

La réalisation de ce plan d'action se traduira, pour les zones ciblées, par une augmentation du taux de couverture en cartes géologiques et géothématiques pouvant atteindre des pourcentages allant jusqu'à 100 pc de couverture cartographique, a-t-il fait savoir.

"Ainsi, "la zone CADETAF" sera entièrement couverte en cartes géologiques et géophysiques, la Meseta Orientale qui recèle des potentialités minières prometteuses sera couverte à plus de 86 pc en cartes géologiques, le massif du Maroc Central, renfermant une diversité de ressources minérales, sera totalement couvert en cartes géologiques et géophysiques et à 78 pc en cartes géochimiques, tandis que la zone des Mauritanides connue par ses prospects de terres rares et de métaux de base et précieux sera également couverte à 100 pc en carte géologiques", a-t-il indiqué.

Outre ces zones minières, un programme pour le développement de l'infrastructure géologique des Provinces du Sud, est inscrit parmi les priorités de cette feuille de route, et porte essentiellement sur la réalisation de cartes géologiques au niveau du bassin de Laâyoune-Dakhla, a-t-il souligné.

Ce programme, poursuit le ministre, sera accompagné par l'informatisation des données géoscientifiques et le développement d'une Base de données et son exploitation à travers un Système d'Information Géographique (SIG), ainsi que par la mise en place d'un Géoportail de la géologie destiné au public et aux opérateurs intéressés par la géoinformation.

" La mise en œuvre du plan d'action de cette feuille de route fera appel aux ressources internes que nous veillerons à renforcer en effectifs et en compétences, ainsi qu'aux ressources externes par le biais de la sous-traitance ou de la coopération", a affirmé M. Amara, relevant que le budget d'investissement prévisionnel consacré à cette feuille de route est estimé de 220 millions de dirhams (MDH), soit une moyenne annuelle d’environ 18 MDH.

Le ministre a, en outre, noté que le Maroc qui vient d'intégrer pour la première fois, le classement mondial annuel "The 2014 Global Survey of Mining Compagnie", occupe le 4ème rang à l'échelle africaine et le 40ème rang au niveau mondial parmi les pays les plus attractifs pour les investissements miniers, ajoutant que "cette récente reconnaissance représente un challenge pour le Maroc appelé à se maintenir, voire progresser dans ce classement et nous interpelle pour renforcer l'attractivité géologique de notre pays qui constitue l'un des critères d'évaluation dans ce classement".

Cette rencontre a été, par ailleurs, marquée par la signature d’une convention de partenariat entre M. Amara et le ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres, Lahcen Daoudi, visant à développer la recherche en matière de géologie et géothématique.

Elle a été également l'occasion pour M. Amara et l'Ambassadeur de la Chine au Maroc, de procéder à la signature de "l'Acte de remise-réception" des cartes géochimiques réalisées dans le cadre de la coopération bilatérale, au profit de la direction de la géologie. (MAP)