7è Forum mondial de l'eau en Corée du sud : M. Amara expose l’approche Nexus du Maroc combinant eau, énergie et alimentation

Le ministre de l'énergie, des mines, de l'eau et de l'environnement, Abdelkader Amara a présenté lors d’une réunion à l’occasion du 7è Forum mondial de l'eau, organisé actuellement à Daegu (Corée du Sud), l’approche Nexus adoptée par le Maroc dans la gestion intégrée des secteurs de l’eau, de l’énergie et de l’alimentation.

Intervenant lors de la conférence ministérielle du forum, M. Amara a souligné que le gouvernement a été amené, en raison de la croissance démographique et l’extension de l’espace urbain et des activités industrielles et agricoles, à revoir ses politiques publiques en prenant en considération ces changements en matière de gestion de l’eau, de production de l’énergie et de sécurité alimentaire.

Le Maroc a choisi, affirme le ministre, de poursuivre sa politique basée sur la gestion durable des ressources en eau pour faire face aux périodes successives de sécheresse et à la hausse de la demande en eau qui devrait atteindre 5 milliards de M3 en 2030, ajoutant que le Royaume a pris, à la fin des années 1960, une décision stratégique, grâce à la vision éclairée de feu SM Hassan II, portant sur la construction des barrages, au nombre de 130 aujourd’hui, d’une capacité de 18 milliards de m3.

En outre, cette politique a permis d’élargir l’accès à l’eau potable dans les zones rurales et urbaines où les taux respectifs ont atteint 100 et 90 pc, a précisé M. Amara.

Plus encore, le Royaume a adopté dernièrement une feuille de route basée sur la diversification des sources en énergie avec comme objectif principal d’augmenter la production dont 42 pc proviendrait d’ici 2020 des énergies renouvelables et garantir une couverture en électricité à 100 pc des zones urbaines et un taux comparable dans le monde rural.

Le ministre a indiqué que l’expérience marocaine a prouvé que les politiques publiques en matière de l’eau et de l’énergie mais aussi de la sécurité alimentaire sont complémentaires, ajoutant que le plan Maroc vert a permis aux agriculteurs d’augmenter leur production et d’améliorer l’approvisionnement alimentaire en réduisant les coûts.

L’approche du Royaume combinant énergie, eau et alimentation est d’autant plus visible à travers une série de mesures et d’initiatives, ajoutant que le Maroc a confié la gestion de ces trois secteurs à un seul ministère, à savoir le ministère de l’énergie, de l’eau et de l’environnement, a tenu à souligné M. Amara, mettant l’accent également sur la décision stratégique de charger un seul département de l’eau et l’électricité.

Par ailleurs, la généralisation par le ministère de l’agriculture de l’utilisation de la politique de goutte-à-goutte et le pompage en recourant à l’énergie solaire s’est répercutée sur l’économie de l’eau et l’efficacité de l’irrigation, a-t-il expliqué, faisant état en outre du lancement du programme de traitement des eaux usées à travers la réalisation d’une trentaine de nouvelles stations à cet effet.

Conscient de l’importance de la recherche, le gouvernement a mis en place l’Institut de Recherche en Energie Solaire et Energies Nouvelles (IRESEN), dédié à la recherche et la formation dans la technologie de l’énergie propre notamment, a fait savoir le responsable marocain, qui a noté le lancement cette année, en collaboration avec le gouvernement coréen, d’une plateforme pilote "Green Energy Park", le premier espace en Afrique consacré aux laboratoires de R&D, aux centres de la formation professionnelle et aux projets pilotes.

Le ministre a rappelé dans ce cadre que l'OCP policy center a organisé en juin dernier une rencontre en partenariat avec des think-tanks européens sur la complémentarité entre l'agriculture, l'énergie et la production agricole en zone semi-aride, marquée par un débat intense sur les répercussions des changements climatiques sur l’eau et la gestion et la commercialisation des produits alimentaires et de l’énergie solaire.

Le Maroc aspire à devenir un carrefour de connexions électriques puisqu’il a réalisé ou en cours des interconnexions avec ses voisins des rives sud et nord de la Méditerranée (Algérie, Espagne, Portugal et Mauritanie), en harmonie avec l’esprit même de l’approche Nexus, qui est en faveur de l’annulation des frontières sectorielles pour faire face au changement climatique dans le futur, a souligné le ministre.

Il a fait part de la disposition du Maroc de travailler avec ses partenaires dans le domaine de l’énergie pour faire connaitre les impacts des changements climatiques sur la sécurité alimentaire, l’eau et l’environnement dans les zones arides tout en renforçant le rôle du secteur privé.

Les travaux du 7è Forum mondial de l'eau qui ont débuté dimanche dernier, avec la participation d'une importante délégation marocaine conduite par le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, se poursuivront jusqu’au 17 avril.

Tenu sous le thème "l'Eau pour notre avenir", la 7è édition du Forum mondial de l'Eau sert de tremplin à la collaboration mondiale pour relever les nombreux défis liés à l'eau, surtout que les objectifs du millénaire pour le développement adoptés par l'ONU en l'an 2000 arrivent à échéance en 2015.

(Envoyé spécial: Abdelkrim Moufakkir-MAP)